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- BIRMANIE. La confiance dans les réformes gagne l'opposition
- Négociations entre le régime birman et les rebelles du Kachin
- Birmanie: l'UE envisage de commencer à lever ses sanctions en février
- Birmanie : "Dans le passé, des promesses ont été faites et non
tenues"
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BIRMANIE. La confiance dans les réformes gagne l'opposition nouvelobs.com - 19-01-2012
(Khin Maung Win/AP/SIPA )
Par Anatole Perrot
Journaliste
Après la libération de prisonniers politiques, la signature d'un
cessez-le-feu avec l'ethnie Karen, chère à Aung San Suu Kyi, marque un
tournant.
La Birmanie est-elle en train de changer pour de bon ? Cette semaine,
depuis la déclaration de candidature d’Aung San Suu Kyi aux élections
partielles, et surtout depuis la libération de centaines de prisonniers
politiques, même certains parmi les plus sceptiques sont tentés d’y croire.
Il suffit de faire un tour sur le site de la revue fondée en Thaïlande par
des opposant Irrawaddy.org. Sous le titre "La nouvelle tant attendue
arrive finalement !", un article du 13 janvier salue avec jubilation la libération
d’environ 300 prisonniers politiques, dont des leaders célèbres de la révolte
des étudiants en 1988, ainsi que de la révolution safran de 2007.
Le conflit entre les deux factions au pouvoir – les réformistes derrière le
président Thein Sein, les "durs" du Conseil de sécurité nationale –
est analysé, ainsi que la "détermination" du président à tenir sa
promesse de relâcher les prisonniers. Impressionné par le courage de
l’ex-général qui "a pris des risques personnels et professionnels",
Irrawaddy affirme que le président mérite "les félicitations et la
reconnaissance interieure et extérieure", et conclut : "Pour la
première fois depuis des décennies, la Birmanie a un dirigeant avec lequel le
peuple peut travailler et qui souhaite travailler avec le peuple".
Les libérations ont pesé
C’est un grand revirement dans la façon dont le président ex-général était
dépeint jusque là dans les organes de presse des opposants exilés. Il est vrai
que les libérations intervenues ce 13 janvier sont exceptionnelles, tant en
nombre que par la qualité des prisonniers relâchés : des figures célèbres de la
résistance, comme Min Ko Naing, leader du soulèvement des étudiants en 2008, ou
le moine Ashin Gambira, leader de la révolution safran ; la totalité des
vidéo-journalistes de la chaîne opposante Democratic Voice of Burma, dont
certains purgeaient des peines de plus de 60 ans… Et jusqu’au général Khin
Nyunt, ex-chef des services et ex-premier ministre, limogé en 2004 pour avoir
entamé une ouverture politique une époque où la junte et son homme fort, le
général Tan Shwe, refusaient tout compromis avec l’opposition.
A y regarder de près, la plupart de ces libérations sont en fait des
"suspensions" de peine susceptibles à tout moment d’être annulées.
L’AAPP, l’association de soutien aux prisonniers politiques basée à Maesot, en
Thaïlande, rappelle qu’il reste encore sous les verrous un nombre important
d’opposants (le chiffre exact fait l’objet de discussions). Reste que le
président commence à être perçu par les opposants exilés comme
"sincère" dans sa volonté d’ouverture.
Le choix d'Aung San Suu Kyi entériné
"Sincère", c’est ainsi que la Dame de Rangoon l’avait jugé quand
elle l’avait rencontré en son palais à Naypidaw en août dernier, et c’est la
raison pour laquelle elle avait décidé d’accorder toute sa confiance à son
projet de réforme. Voici qu’après avoir critiqué à mots parfois à peine
couverts ce choix, une part non négligeable des exilés l’entérine à son tour.
Cette tendance à la confiance est encouragée par la signature ce jeudi 19
janvier d’un cessez-le-feu avec l’armée de la minorité Karen, après des
décennies de guerre et d’exactions contre cette importante minorité ethnique.
On apprend aujourd’hui que des pourparlers sont en cours avec une autre
minorité, récemment entrée en rebellion, les Kachin.
La grande majorité des Birmans accueille avec transport les prisonniers
libérés et tous les observateurs s’attendent au triomphe des candidats
pro-démocratie lors des élections partielles d’avril. Certains se souviennent
pourtant que ce dégel n’est pas le premier de l’histoire récente. En 2003, le
premier ministre de l’époque, le général Khin Nyunt (qui vient d’être libéré
après 7 ans de résidence surveillée), avait rencontré Aung San Suu Kyi et
amorcé un dialogue avec l’opposition. On avait alors cru à un tournant
historique. Il est à espérer que le mouvement impulsé par le président Thein
Sein ne connaîtra pas le même sort.
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Négociations entre le régime birman et les rebelles du Kachin Reuters - 19-01-2012
RANGOUN - Le gouvernement birman a entamé jeudi des pourparlers de paix
avec l'Armée d'indépendance Kachin (KIA), l'un des groupes rebelles les plus
importants du pays où les autorités tentent de mettre un terme aux conflits
ethniques.
Une délégation, avec à sa tête le ministre de l'Industrie et chef des
négociations, Aung Thaung, a rencontré des représentants du KIA à Ruili, près
de la frontière chinoise. Ces discussions doivent permettre de résoudre un
conflit qui s'est réveillé en juin et a fait des dizaines de milliers de
déplacés.
Les affrontements se poursuivent quasi quotidiennement avec les rebelles,
même si le président birman Thein Sein a ordonné aux militaires le mois dernier
de mettre fin aux opérations.
Dans un communiqué envoyé à Reuters, le groupe rebelle indique que les
négociations doivent permettre d'aboutir "à la stabilité, la tranquillité
et à une paix viable".
Ces deux derniers mois, la Birmanie a conclu des cessez-le-feu avec les
rebelles Chan (sud) et l'Union nationale karen (KNU).
Les autorités birmanes disent que la paix avec les guérillas constitue une
priorité. Elles n'ont toutefois pas indiqué si elles comptaient accorder une
forme d'autonomie aux zones rebelles.
Un cessez-le-feu avec le KIA pourrait marquer un nouveau pas vers la levée
des sanctions imposées par l'Union européenne et les Etats-Unis contre la
Birmanie.
Aung Hla Tun, Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles
Trequesser
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Birmanie: l'UE envisage de commencer à lever ses sanctions en février AFP – 19-01-2012
BRUXELLES - L'Union européenne examine l'opportunité d'alléger en
février ses sanctions contre la Birmanie et d'apporter une aide économique afin
de saluer les réformes engagées par le régime, mais la démarche fait encore
débat, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.
Une visite de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à
Naypyidaw, la nouvelle capitale birmane, est également envisagée et pourrait se
dérouler "prochainement" malgré un agenda "très chargé", a
indiqué à l'AFP un porte-parole, Michael Mann.
"A la lumière des récents développements dans le pays, nous avons
lancé un examen général de notre politique en Birmanie", a-t-il ajouté.
Le sujet devrait être abordé au cours d'une réunion des ministres des
Affaires étrangères prévue lundi à Bruxelles. Une décision sur la levée de
certaines sanctions pourrait suivre "courant février", selon les
sources.
Un projet de déclaration ouvrant la porte à cette possibilité est en
discussion en vue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères
prévue lundi à Bruxelles, ont-elles précisé.
Les ministres français et britannique, Alain Juppé et William Hague,
veulent proposer lundi de "réviser graduellement" le régime des
sanctions, avec de premières mesures "à très court terme", a indiqué
mercredi Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.
MM. Juppé et Hague, qui se sont tous les deux rendus récemment en Birmanie,
"sont également convenus que l’UE devait rester vigilante", a-t-il
ajouté.
Un diplomate européen a indiqué que l'objectif était d'"envoyer des
signes d'encouragement" tout en reconnaissant qu'il y avait "quelques
différences d'opinion" entre pays européens.
Certains d'entre eux, dont la France et l'Allemagne, veulent envoyer un
signal fort en allégeant certaines sanctions rapidement.
D'autres, en particulier les pays scandinaves et le Royaume Uni, prônent
une plus grande prudence, insistant sur la nécessité de respecter des critères
déterminés sur le respect de la liberté d'expression ou la libération des
prisonniers politiques.
"Les débats portent sur +quand+ et +comment+ lever les sanctions. Il y
a des opinions différentes sur l'opportunité de les lever plus ou moins
rapidement", selon un diplomate.
"Il a des divergences mais on ne peut pas dire que l'UE est divisée
sur la Birmanie", a insisté un autre responsable.
Pour les Européens, les élections législatives partielles prévues le 1er
avril représenteront un test de la sincérité des réformes. "Le scrutin
devra être libre et juste", a précisé un diplomate.
Récemment revenue au coeur du jeu politique, l'opposante Aung San Suu Kyi a
lancé mercredi sa campagne pour entrer au Parlement.
L'UE a déjà annoncé début janvier l'ouverture prochaine d'une
représentation en Birmanie.
En avril 2011, elle avait légèrement allégé ses sanctions contre Naypyidaw,
en suspendant des gels d'avoir et des interdictions de visa pour un tiers des
membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie.
La junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle s'est auto-dissoute et a
transféré en mars dernier ses pouvoirs à un nouveau gouvernement
"civil", bien que contrôlé par d'anciens militaires. Elle a récemment
annoncé la libération de quelque 300 prisonniers politiques, dont des
dissidents de premier plan.
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Birmanie : "Dans le passé, des promesses ont été faites et non
tenues" LE MONDE | 16.01.12
Jacques Follorou
Rangoun (Birmanie) Envoyé spécial - Min Ko Naing a les yeux rougis de
fatigue. Cette figure emblématique de la génération des étudiants de 1988, qui
s'étaient dressés face à la junte birmane avant d'être jetés en prison, n'a
dormi que quelques heures en trois jours, depuis sa remise en liberté, le 13
janvier. Dimanche après-midi, à la sortie de l'ambassade de France, il ne
résiste pourtant pas à l'envie de profiter, une fois encore, de cette liberté
de parler retrouvée.
Face à l'évolution politique de son pays, il dit n'attendre que des
"actes et non des promesses". Sans se dissocier d'un autre symbole de
la résistance au régime au pouvoir, Aung San Suu Kyi, il exprime, à la manière
des prisonniers politiques, ce mélange de doutes et d'espoirs. "J'ai passé
vingt ans en détention, j'ai beaucoup de blessures en moi, mais il faut prendre
ce qui vient au moment où cela vient ; si nous avons des craintes, notamment de
manipulations du régime, il faut les contrôler."
Le gouvernement birman a annoncé samedi que 302 détenus politiques, dont la
libération était réclamée par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de
Mme Suu Kyi, figuraient parmi les 651 prisonniers relâchés dans le cadre d'une
amnistie. Ces prisonniers ont été libérés afin de pouvoir jouer un rôle dans le
processus politique en cours, a précisé le ministre de l'intérieur, le général
Ko Ko, faisant allusion aux prochaines élections partielles du 1er avril,
auxquelles ils pourraient se présenter.
CONSCIENCE COLLECTIVE
La sortie de prison de Min Ko Naing a montré, à elle seule, la place
occupée dans la conscience collective birmane par ces dissidents. Juché sur un
véhicule, M. Min a eu toutes les peines du monde à traverser Rangoun. Il a
harangué la foule de supporters qui longeait et souvent bloquait son convoi,
promettant de poursuivre la lutte. Cofondateur, en août 1988, du All Burma
Federation of Student Unions (ABFSU), un réseau de syndicats étudiants
clandestin, il avait été condamné à quinze ans de prison, puis à soixante-cinq
ans de détention, en 2007, après sa libération en 2006. Il payait alors son
rôle dans la "révolution du safran ".
Samedi soir, à l'ambassade de France, trois autres prisonniers politiques,
tout juste libérés, offraient un visage semblable. Khun Htun Oo, président de
la Shan Nationalities League for Democracy (SNLD), qui remporta 23 sièges aux
élections de 1990, fut arrêté pour avoir tenté de former un conseil consultatif
de l'Etat Shan. Interné dans la prison de Putao, dans le nord du Kachin, il
raconte sa détention dans cette région montagneuse. "Le froid et
l'isolement m'ont rendu à moitié sourd et j'ai eu des problèmes de santé à
cause de mon diabète. Maintenant, la première chose que je veux faire, c'est me
reposer, puis parler avec mon comité central sur le processus en cours.
N'oubliez pas que, dans le passé, des promesses ont été faites et non
tenues."
Mya Aye avait, quant à lui, repris le flambeau de la "génération
1988" après l'arrestation des chefs, avant d'être capturé à son tour.
Relâché en 1996, il avait continué à militer et avait de nouveau été interpellé
en 2007. "Les conditions de détention étaient très dures au début, puis
elles se sont arrangées lorsque l'on nous a permis de lire. Nous étions, en
tant que prisonniers politiques, confinés dans un secteur séparé des droits
communs, mais ils nous montraient beaucoup de respect."
Plus frêle et plus discret, Ko Ko Gyi, adjoint de Min Ko Naing dans la
"génération 88", évoque les changements en cours. "La stratégie
d'Aung San Suu Kyi permet d'avoir le soutien de la population, elle évite la confrontation,
il en existait d'autres, mais celle-ci a été adoptée et mise en oeuvre, il faut
la suivre."
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- Juppé rencontre
l'opposante Aung San Suu Kyi pour lui remettre la Légion d'honneur
- Juppé confiant dans les réformes du régime
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Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, en visite
historique en Birmanie, a rencontré dimanche matin à Rangoun l'opposante Aung
San Suu Kyi, à qui il doit remettre les insignes de commandeur de la Légion
d'Honneur.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, en visite
historique en Birmanie, a rencontré dimanche matin à Rangoun l'opposante Aung
San Suu Kyi, à qui il doit remettre les insignes de commandeur de la Légion
d'Honneur. Le présidentNicolas Sarkozy avait annoncé
vendredi par téléphone à la lauréate du prix Nobel de la paix qu'elle recevrait
"en témoignage de son engagement exemplaire" cette distinction des
mains du premier chef de la diplomatie française à visiter le pays, lors d'une
cérémonie officielle dimanche dans la soirée.
Il avait notamment souligné le "courage politique dont (elle) a fait
preuve au service de la démocratie et de la liberté en Birmanie, tout particulièrement
au cours de ses nombreuses années d'assignation à résidence", selon la
présidence. Après un entretien de moins d'une heure avec le ministre français
dans la vielle bâtisse près du lac, où elle a passé la majeure partie des vingt
dernières années assignée à résidence, la "Dame" de Rangoun a salué,
en français, les réformes en cours dans son pays. "Nous espérons que ces
nouveaux éveloppements renforceront le processus de démocratisation et la
réconciliation nationale", a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité
"d'arriver à la fin des conflits ethniques". "J'ai du travailler
très dur pour lire ce texte en français, c'est donc avec soulagement que je
donne la parole à Alain Juppé", a-t-elle conclu en riant.
Suu Kyi avait été libérée de résidence surveillée en novembre 2010, une
semaine après des élections auxquelles son parti, la Ligue nationale pour la
démocratie (LND), n'avait pas participé. Le parti avec qui elle a mené tout son
combat politique avait été dissous en mai 2010 pour avoir annoncé son boycott
de ce premier scrutin en vingt ans. Mais depuis, la junte, au pouvoir pendant
près d'un demi siècle, s'est auto-dissoute et a transféré en mars dernier ses
pouvoirs à un nouveau gouvernement "civil", bien que contrôlé par
d'anciens militaires. Cette nouvelle équipe a multiplié les réformes
spectaculaires, permettant en particulier le retour de Suu Kyi au coeur du jeu
politique. La LND est redevenue légale et participera aux législatives
partielles d'avril, tout comme l'opposante qui pourrait ainsi faire sa première
entrée au parlement.
La visite d'Alain Juppé intervient après la libération vendredi de quelque
300 prisonniers politiques, dont des leaders du soulèvement populaire de 1988
et de la "révolte Safran" de 2007, réprimés dans le sang. Cette
mesure réclamée sans relâche par l'Occident comme une preuve de la sincérité
des réformes a été saluée par l'ONU, l'Union européenne et les Etats-Unis. En
arrivant samedi en Birmanie, Alain Juppé, qui doit rencontrer lundi le
président Thein Sein dans la capitale Naypyidaw, avait de son côté salué le
caractère "historique" des réformes en cours. Sa visite fait suite à
celles de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton début décembre et du
chef de la diplomatie britannique William Hague début janvier.
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Juppé confiant dans les réformes du régime Obs/AFP_16/01/12
Après s'être entretenu dimanche avec l'opposante Aung Saun Suu Kyi, le chef de la
diplomatie française, Alain Juppé, a rencontré lundi 16 janvier les plus hauts
responsables du nouveau régime birman. Le ministre avait assuré dimanche que la
France et l'Union européenne répondraient en "termes concrets" aux réformes politiques, dont la dernière date de vendredi, avec la
libération de quelque 300 prisonniers politiques.
Il s'est entretenu avec son homologue Wunna Maung Lwin, avant de voir les présidents
des deux assemblées. Alain Juppé a aussi rencontré le président birman Thein
Sein, ancien général sur lequel reposent les spectaculaires réformes
entreprises depuis des mois.
Il a décrit ce dernier comme un homme "sage et totalement
déterminé". A un journaliste qui lui demandait si le président était
réellement un réformateur, le ministre des Affaires étrangères a répondu:
"C'est une certitude, il suffit de regarder ce qu'il a fait depuis
plusieurs mois". Dimanche, le ministre s'était consacré exclusivement à
l'opposition. Il avait rencontré la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San
Suu Kyi, à qui il a remis la Légion d'Honneur, ainsi que les autres formations
pro-démocratiques et les partis représentant les minorités ethniques.
Juppé veut "encourager le processus"
"Aung San Suu Kyi souhaite que nous soyons vigilants" quant à une
levée progressive des sanctions "au fur et à mesure que le processus
avancera", a expliqué Alain Juppé. Le ministre a ainsi confirmé
implicitement, comme d'autres avant lui, que l'opinion de la figure de proue de
l'opposition était essentielle pour les chancelleries occidentales.
"Il faut que nous nous concertions entre partenaires européens, et il
faut aussi tenir compte de l'attitude des Américains, car beaucoup de sanctions
dépendent des décisions américaines". Il s'agit, selon lui,
"d'envoyer des signaux pour encourager le processus et en même temps nous
garder sous le pied des incitations à aller plus loin".
Aung San Suu Kyi n'exclut pas de devenir ministre
La junte, au pouvoir pendant près d'un demi-siècle, s'est auto-dissoute et
a transféré en mars dernier ses pouvoirs à un nouveau gouvernement
"civil", bien que contrôlé par d'anciens militaires. Cette nouvelle
équipe a multiplié les réformes spectaculaires ces derniers mois, permettant en
particulier le retour au coeur du jeu politique de Suu Kyi. Celle-ci a annoncé
qu’elle participerait en avril aux élections législatives, pour la première
fois depuis 1990. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, avait alors
remporté le scrutin, mais la junte avait alors annulé le résultat. La
"Dame" n'a d'ailleurs pas exclu d'accepter un poste au gouvernement
si une telle proposition lui était faite par le pouvoir. "Cela dépend des
circonstances et cela dépend de quel poste de ministre", a-t-elle déclaré.
Les élections partielles birmanes, qui pourraient pour la première fois
faire accéder au Parlement l'opposante Aung San Suu Kyi, auront lieu le 1er
avril, a annoncé vendredi la Commission électorale. Les élections partielles birmanes, qui pourraient pour la première fois faire accéder au
Parlement l'opposante Aung San Suu Kyi, auront lieu le 1er avril, a annoncé vendredi
la Commission électorale. Plus d'un an après les élections de novembre 2010,
que le parti de Mme Suu Kyi avait boycottées, ce scrutin doit permettre de
pourvoir 48 sièges dans les deux assemblées nationales et les assemblées
régionales, sièges laissés vacants par des élus devenus ministres.
"Les élections partielles auront lieu le dimanche 1er avril
2012", a déclaré la Commission dans un message lu par la télévision et la
radio d'Etat.
Les candidats devront s'enregistrer entre le 16 et le 31 janvier. La lauréate
du prix Nobel de la paix avait annoncé en novembre sa volonté d'être candidate
à ce scrutin, pour la première fois de sa carrière politique. Elle était déjà
enfermée lors des élections de 1990, au cours desquelles son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait
humilié le régime militaire en remportant 392 des 485 sièges en compétition.
Résultats que les généraux s'étaient refusés à honorer.
Elle avait été libérée de résidence surveillée une semaine après les
élections de novembre 2010, au cours desquelles les Birmans étaient appelés à
désigner, pour la première fois en vingt ans, des assemblées nationales et
régionales dont 25% des sièges sont réservés d'office aux militaires d'active.
Le parti spécialement créé par la junte alors au pouvoir avait remporté une
victoire écrasante, après des soupçons de fraude et une campagne décriée. La
LND, parti avec lequel elle a fait toute sa carrière politique, avait été
dissoute en mai 2010, après son annonce du boycottage de ces élections. Mais
depuis, la junte s'est auto-dissoute et a transféré en mars ses pouvoirs à un
gouvernement dit "civil", bien que composé d'anciens militaires. Ce
gouvernement a multiplié les réformes spectaculaires ces derniers mois,
amorçant notamment le dialogue avec Mme Suu Kyi et annonçant la suspension de
la construction d'un barrage controversé financé par son allié chinois. Saisie
à son tour par le tourbillon des réformes qui s'est emparé du pays, la LND a
décidé de revenir dans la bagarre et de présenter des candidats aux élections
partielles.
Sa demande de ré-enregistrement a été acceptée par les autorités en
décembre.
L'Occident salue depuis quelques mois, avec prudence, l'entrée de la
Birmanie sur la voie de premières réformes démocratiques. C'est le cas des
Etats-Unis, qui maintiennent pourtant leurs sanctions contre le pays. Les
observateurs jugent que ces sanctions ne seront pas levées sans l'accord d'Aung
San Suu Kyi.Car la fille du général Aung San, héros assassiné de l'indépendance
birmane, est plus que jamais l'interlocutrice incontournable des capitales
occidentales.C'est après s'être entretenue avec elle au téléphone que Barack
Obama, le président américain, avait annoncé le déplacement historique en
Birmanie de sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton.Lors de cette visite début
décembre, Suu Kyi s'était dit "confiante" que son pays était sur la
"voie de la démocratie", tout en appelant à de nouveaux progrès.La
communauté internationale réclame aussi de nouvelles mesures, et en particulier
la libération de tous les prisonniers politiques.Quelque 200 d'entre eux ont
été libérés en octobre, mais entre 500 et 1.600 restent derrière les barreaux.
Un responsable de la chambre basse du Parlement avait annoncé jeudi que de
nouvelles libérations devraient avoir lieu le 4 janvier et le 12 février.
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- Birmanie: Aung San Suu Kyi visite le
parlement à Naypidaw et enregistre son parti
- Des morts et des dizaines de blessés dans une explosion en Birmanie
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a rencontré vendredi dans la capitale
le président de la chambre basse, un des hommes clés du nouveau régime, alors qu'elle
finalisait le ré-enregistrement de son parti et son retour sur la scène
politique légale.
C'est la première fois que Suu Kyi rencontrait Shwe Mann, ex-numéro trois de la
junte au pouvoir jusqu'en mars dernier, qui a pris sa retraite militaire pour
prendre la direction de l'assemblée du nouveau régime "civil".
L'ancien officier s'est déclaré "heureux" de rencontrer
l'opposante, qui n'a été libérée de sa résidence surveillée qu'en novembre
2010. "Nous devons travailler ensemble, car l'unité fait la force",
a-t-il déclaré à la presse. La lauréate du prix Nobel de la paix s'est déplacée
à Naypyidaw, capitale du pays depuis 2005, pour signer les derniers papiers du
processus de légalisation de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Le parti avec lequel elle a fait toute sa carrière politique avait
été dissous en mai 2010, après son annonce du boycott des élections du mois de novembre suivant. La procédure était terminée à la mi-journée,
a indiqué à l'AFP un cadre de la Commission électorale. La légalisation
définitive doit être décrétée d'ici environ une semaine, mais ne fait pas le
moindre doute.
La LND est désormais en mesure de présenter des candidats, dont Suu Kyi
elle-même, aux législatives partielles attendues d'ici quelques mois.
L'opposante, totalement marginalisée par la junte pendant 20 ans, a été invitée
cette année par le président Thein Sein à revenir dans le jeu politique, dans
le cadre d'une série de réformes destinées à briser l'isolement international
du pays. Le président de la chambre haute, Khin Aung Myint, qui a aussi rencontré
Suu Kyi vendredi, a estimé que sa présence était "de bonne augure".
"Nous voulions que cela arrive depuis longtemps et nous lui souhaitons la
bienvenue." En 1990, la LND avait humilié le régime militaire en
remportant les élections mais les généraux avaient refusé de reconnaître ce
résultat.
L'actuel parlement est très largement dominé par le Parti de la solidarité
et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par la junte. Un
quart des sièges ont été par ailleurs attribués d'office à des militaires. Et
certains observateurs s'interrogent sur la sincérité des réformes et le
changement radical du discours tenu par le pouvoir, sachant que la plupart des
hommes en place sont restés les mêmes d'un régime à l'autre. Mais au début du
mois, lors d'une visite historique de la secrétaire d'Etat américaine Hillary
Clinton, Suu Kyi s'était déclarée "confiante" dans le fait que son
pays était sur "la voie de la démocratie".
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Des morts et des dizaines de blessés dans une explosion en Birmanie AFP_28/28/11
Une explosion, dont la cause est pour l’instant indéterminée, a fait au
moins quinze morts et près de soixante blessés dans la nuit de mercredi à jeudi
à Rangoun, selon un responsable birman. L’explosion, qui a eu lieu vers 02H00
heure locale (19H30GMT) dans, semble-t-il, un entrepôt médical du quartier de
Minglar Taung Nyunt, dans l’Est de la ville, a été entendue dans plusieurs
autres quartiers et des centaines de personnes sont sorties dans les rues.
Selon le responsable birman près des lieux de l’explosion, dix hommes, dont
trois pompiers, et cinq femmes ont été tués, et 65 personnes blessées, dont une
trentaine de pompiers. "Nous essayons de déterminer la cause de
l’explosion et de l’incendie", a ajouté le responsable. Immeuble secoué
Les pompiers ont "réussi à contrôler l’incendie", mais pas encore à
l’éteindre, a-t-il précisé. "Nous avons entendu un gros bruit d’explosion
et (avons vu) la fumée dans le ciel. Notre immeuble a été secoué", a
raconté de son côté un habitant du quartier de Botahtaung.
Une femme avait été tuée la semaine dernière par un engin explosif à
Rangoun. L’incident de jeudi n’est pour l’instant pas expliqué, mais la
Birmanie a été frappée par plusieurs attentats ces dernières années, la plupart
du temps de faible puissance et souvent attribués par le pouvoir à des
rébellions de minorités ethniques.
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- L'ambassadeur de Chine en Birmanie a rencontré l'opposante Aung San Suu
Kyi
- Légalisation de la Ligue nationale pour la Démocratie
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L'ambassadeur de Chine en Birmanie a rencontré l'opposante Aung San Suu Kyi
RFI_10 decembre 2011
La rencontre entre l’ambassadeur de Chine et l’opposante historique Aung
San Suu Kyi a eu lieu à la demande de celle-ci, rapporte ce jeudi 15 décembre
le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères qui indique
également que « la Chine entre en contact avec tous les secteurs de la
société birmane ». Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique
régionale en pleine évolution dont certains aspects irritent profondément la
Chine, partenaire historique des régimes militaires en Birmanie, et menacent
ses intérêts. Mais, en même temps, Pékin prend acte des modifications en cours
et tout va très vite.
Ça fait partie de ces initiatives politiques qui se succèdent décidément à
très vive allure depuis un peu plus d'un an. Depuis que les élections générales
se sont tenues en Birmanie et que le pouvoir a été transféré à une
administration civile.
Bien que les réformes soient observées avec un sens critique aïgu, il faut
bien constater que ces réformes affectent de manière extrêmement significative
la diplomatie régionale. La Birmanie accédera bientôt à la présidence tournante
de la communauté asiatique régionale Asean, et ce sera inédit. Les autorités
birmanes viennent de recevoir les encouragements chaleureux des Etats-Unis avec
la visite qualifiée d'historique de la chef de la diplomatie américaine.
Enfin, la Chine, et à l'heure où Pékin commence à apparaître comme une
puissance régionale plutôt menaçante à l'égard de nombre de ses voisins,
l'administration chinoise ne veut certainement pas que ce retour de la Birmanie
se fasse à ses dépens et qu'elle y perde son statut d'allié privilégié. Alors
elle s'adapte. L'ambassadeur rencontre Aung San Suu Kyi, un haut fonctionnaire
du ministère des Affaires étrangères chinois est attendu à Naypidaw la semaine
prochaine et il paraît même que le Premier ministre chinois Wen Jiabao va s'y
rendre, lui aussi, pour participer au sommet régional sur le fleuve Mékong.
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Légalisation de la Ligue nationale pour la Démocratie France Diplomatie_16 decembre 2001
La légalisation la Ligue nationale pour la Démocratie, annoncée le 13
décembre par les médias officiels birmans, est un nouveau pas dans la bonne
direction. Cette acceptation par la Commission électorale de la demande
d’enregistrement du parti d’Aung San Suu Kyi est un nouveau signe encourageant
et significatif pour tous ceux qui œuvrent à la démocratisation du pays.
La France encourage les autorités birmanes à poursuivre et à approfondir le
mouvement d’ouverture qu’elles ont engagé. A cet égard, nous espérons que les
élections législatives partielles se tiendront rapidement et qu’elles seront
réellement libres et transparentes.
La libération sans délai et sans conditions des prisonniers politiques et
de conscience qui sont encore en détention est, dans cette perspective, plus
que jamais indispensable.
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- Birmanie: le parti d'Aung San Suu Kyi dépose le dossier de sa
légalisation
- Birmanie : le généralissime Than Shwe à la retraite
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Birmanie: le
parti d'Aung San Suu Kyi dépose le dossier de sa légalisation AFP - 25/11/11
La Ligue
nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi,
dissoute il y a un an et demi par la junte, a déposé vendredi son dossier
d'enregistrement qui va lui permettre de redevenir un parti politique à part
entière. Six cadres de la LND ont déposé leur dossier à la Commission électorale,
dans la capitale Naypyidaw, enregistrant les noms de 21 co-fondateurs dont
celui de la lauréate du prix Nobel de la paix. "Nous sommes très contents
parce que c'est la première étape", a expliqué à l'AFP le porte-parole du
parti, Nyan Win. "Pour la prochaine étape, Aung San Suu Kyi devra se
présenter elle-même devant la Commission électorale".
Le parti, qui a
abandonné son symbole traditionnel - un chapeau en bambou - n'a pas encore
tranché sur son nouveau logo. La LND avait décidé il y a une semaine de revenir
dans la légalité et de présenter des candidats dans 48 élections partielles
attendues dans les mois à venir. Le parti avec lequel l'opposante a fait toute
sa carrière politique avait été dissous par la junte alors au pouvoir en mai
2010, suite à son annonce du boycott du scrutin de novembre suivant. Depuis,
les militaires ont mis en place à un régime dit "civil", certes
toujours sous leur contrôle, mais à la tête duquel le président Thein Sein a
multiplié les réformes, espérant sortir de l'isolement international qui épuise
le pays. La semaine dernière, la dissidente, véritable icône de la lutte pour
la démocratie dans son pays et dans le monde, a appelé ses camarades à disputer
les sièges dans "toutes les circonscriptions".
Son entourage a
indiqué qu'elle avait "l'intention" de se présenter elle-même, pour
la première fois, à un poste de député. Mais elle n'a pas formellement
confirmé. Suu Kyi s'était lancée en politique en 1988 lors d'un discours
prononcé à Rangoun, avant de fonder la LND. Mais elle n'a jamais été candidate
dans une élection. Elle était déjà en résidence surveillée en 1990, lorsque le
parti avait remporté haut-la-main le scrutin sans jamais être autorisé à
exercer le pouvoir. Et elle était toujours privée de liberté lors des élections
de l'an passé, qu'elle et ses compagnons de route avaient boycottées. Le rythme
des réformes se poursuit dans le pays à une rythme inégalé. La secrétaire
d'Etat Hillary Clinton est attendue en Birmanie en milieu de semaine prochaine,
pour la première visite d'un chef de la diplomatie américaine en 50 ans. Une
rencontre avec Suu Kyi est prévue en fin de séjour.
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Birmanie : le
généralissime Than Shwe à la retraite Le Monde - 25/11/11
Le président
désigné par le Parlement birman formera son gouvernement. Le rôle que s'est
réservé Than Shwe, au pouvoir depuis 1992, dans cette nouvelle
formule reste inconnu. C'est la première fois qu'un dirigeant de Naypyidaw confirme
publiquement la retraite de Than Shwe. Selon le président de la chambre basse
du Parlement, Shwe Mann, l'homme qui a dirigé la Birmanie d'une
main de fer pendant près de vingt ans est "vraiment à la retraite"
et n'est "pas du tout impliqué" dans la politique du nouveau
gouvernement.
La retraite du
généralissime avait été annoncée début avril, juste après le transfert des
pouvoirs de la junte à un gouvernement dit "civil", mais les
observateurs se demandaient depuis des mois si Than Shwe continuait à avoir un rôle en coulisse ou non, alors que le
gouvernement s'est engagé sur la voie de réformes spectaculaires.
Jusqu'à présent,
l'évocation du nom de Than Shwe ne suscitait que sourires nerveux et vagues
références à sa retraite officielle. Depuis mars, le nouveau gouvernement, bien que toujours contrôlé par les militaires, a multiplié
les gestes d'ouverture à un rythme effréné, encourageant notamment le retour au
cœur du jeu politique de l'opposante Aung SanSuu Kyi, libérée de résidence surveillée en novembre 2010. "C'est vrai que
les changements politiques ont été plus rapides que nous ne le pensions",
a commenté Shwe Mann, ancien officier supérieur de l'armée. "Je pense qu'il y aura plus de changements et de développements dans la politique à
l'avenir".
Than Shwe avait
maintenu la Birmanie sous le régime de la terreur à partir de 1992, étouffant l'aspiration démocratique
incarnée par sa pire ennemie, Aung San Suu Kyi. Décrit par ses détracteurs
comme fruste, paranoïaque et sous influence de l'astrologie, il avait aussi
purgé le régime de nombre de ses ennemis putatifs et empêché l'émergence d'un
nouvel homme fort.
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- Birmanie: Aung San Suu Kyi, le retour
- Birmanie: Ban Ki-moon appelle à plus de réformes et annonce une visite
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Birmanie: Aung
San Suu Kyi, le retour Agora - 18/11/11
La Ligue
nationale pour la démocratie, principal parti d’opposition dirigé par la
célèbre dissidente birmane, Aung San Suu Kyi, a décidé, ce vendredi 18
novembre, de réintégrer l’échiquier politique du pays, et participera aux
prochaines élections partielles. Une décision saluée par le président
américain, Barack Obama, et qui, il ne fait aucun doute, viendra accélérer le processus
de normalisation, en cours depuis bientôt un an, en Birmanie.
Après vingt ans
passés à militer pour la reconnaissance de sa victoire aux élections de 1990,
la Ligue nationale pour la démocratie, principal parti d'opposition dirigé par
la célébre dissidente birmane, Aung San Suu Kyi, change de tactique. Désormais,
elle participera au débat politique en Birmanie. Un retour sur la scène
politique qui commencera notamment avec sa participation, annoncée, aux
prochaines élections partielles. Selon certains observateurs, ce retour dans
l’échiquier politique serait motivé par l’avènement, l’année dernière, d’un
gouvernement civil, dont le parti d'Aung San Suu Kyi reconnaît la légitimité.
Un gouvernement, d’ailleurs, sous haute surveillance militaire.
Par
ailleurs, il ne fait aucun doute que ce retour officiel, dans le champs
politique, de la charismatique Aung San Suu Kyi aura un impact rénovateur sur
le paysage politique du pays. D’autant plus que l’opposante birmane ne manquera
pas de mobiliser, derrière elle, les populations, dans sa lutte pour la
démocratie. Aussi, se pose-t-on, d'ores et déjà, la question de savoir jusqu’où
l’actuel gouvernement civil pourra tolérer ces voix dissidentes.
En tout cas,
cette décision est saluée par le président américain, Barack Obama, qui, depuis
le sommet de l’Asean à Bali, a annoncé que la secrétaire d’Etat américaine,
Hillary Clinton, effectuerait une visite dans le pays au mois de décembre. Une
visite que l’on pourrait qualifier d’historique, dès lors qu’aucun diplomate
américain n’avait foulé le sol birman, depuis cinquante ans. Obama envisage
même une levée totale des sanctions qui frappent le pays ; mais, nous
apprend-il, il faudrait, au préalable, que les 600 à 1000 prisonniers
politiques, en détention dans les geôles birmanes, soient tous libérés.
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Birmanie: Ban
Ki-moon appelle à plus de réformes et annonce une visite Liberation - 18/11/11
Le secrétaire
général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé samedi, en marge d'un sommet asiatique
en Indonésie, qu'il se rendrait "le plus tôt possible" en Birmanie,
exhortant le pays à davantage de réformes, "sans attendre". Le
secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé samedi, en marge d'un
sommet asiatique en Indonésie, qu'il se rendrait "le plus tôt
possible" en Birmanie, exhortant le pays à davantage de réformes,
"sans attendre". Le président birman Thein Sein "m'a invité et
j'ai accepté son invitation", a déclaré M. Ban lors d'une conférence de
presse, précisant qu'il se rendrait dans le pays "le plus tôt
possible".
L'annonce de
cette visite intervient peu après la décision du président américain Barack
Obama de dépêcher dans le pays sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, les 1er
et 2 décembre.Ces déplacements consacreront le retour sur la scène
internationale de la Birmanie, il y a peu encore reléguée au ban des nations
pour ses violations répétées des droits de l'homme. Le pays a lancé depuis un
an un important processus d'ouverture. Il a organisé des élections, libéré le
prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi et mis en place un régime dit
"civil", même s'il reste contrôlé par l'armée. Mais des organisations
des droits de l'Homme estiment le processus encore fragile, appelant notamment
à la libération de tous les prisonniers politiques, qui seraient encore au
nombre de 600, selon l'opposition.
Commentant un
entretien avec Thein Sein samedi, le numéro un de l'ONU a précisé qu'il l'avait
"exhorté à ne pas attendre 2014", année où la Birmanie prendra la
présidence de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) pour
"réaliser toutes les réformes politiques". "Les Nations unies
accueillent favorablement... les développements survenus récemment sous la
gestion du président Thein Sein", a dit M. Ban. Se félicitant de la
décision de l'Asean d'octroyer sa présidence à la Birmanie, il a cependant
appelé à la poursuite des réformes, dont la "promotion de la
réconciliation nationale et la création de conditions socio-économiques
favorables afin que les investissements étrangers puissent affluer".
Le numéro un de
l'ONU a dit avoir appelé Thein Sein à "satisfaire les attentes énormes de
la communauté internationale" que la perspective d'une présidence birmane
a suscitées.Le chef de cabinet du secrétaire général des Nations unies, Vijay
Nambiar, qui s'est rendu en Birmanie début novembre, a précisé que la date de
la visite de Ban Ki-moon n'avait pas encore été fixée. Interrogé sur
l'hypothèse que le processus d'ouverture en cours en Birmanie puisse pousser
les Etats-Unis et l'Union européenne à lever les sanctions qu'ils continuent à
imposer au pays, Vijay Nambiar a répondu que la décision revenait aux
"pays concernés". Mais il a ajouté: "je pense qu'il y a
actuellement un mouvement visant à envisager de revoir ces questions".
"Je pense qu'il est important que les habitants, le bien-être des
habitants et les conditions économiques s'améliorent. Tout doit être fait afin
d'atteindre cet objectif", a-t-il ajouté.
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- Birmanie:
"probable" retour de Mme Suu Kyi sur la scène politique officielle
- Maltraitance sur des prisonniers politiques malgré quelques signes
d'ouverture
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, marginalisée par des années de
résidence surveillée et le boycott par son parti du scrutin de 2010, va
"probablement" revenir sur la scène politique officielle en
participant aux prochaines élections partielles, selon un porte-parole.
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, marginalisée par des années de résidence surveillée et le boycott par son
parti du scrutin de 2010, va "probablement" revenir sur la scène
politique officielle en participant aux prochaines élections partielles, selon
un porte-parole. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) dissoute par la
junte "va probablement se réenregistrer et Mme Suu Kyi va aussi
probablement participer aux prochaines élections partielles", a déclaré
samedi à l'AFP Nyan Win, un porte-parole du parti.
La LND avait été dissoute en mai 2010 après avoir annoncé son boycott des
élections du mois de novembre suivant. Selon les lois alors en vigueur, sa
participation l'aurait forcée à expulser tous ses membres emprisonnés, dont Mme
Suu Kyi, qui n'a été libérée de résidence surveillée qu'une semaine après le
scrutin. Le comité central du parti doit de se réunir le 18 novembre à Rangoun
pour décider ou non de se réenregistrer. Et selon des hauts responsables de la
LND, il devrait se prononcer pour.
Ce retour de la LND au coeur de l'échiquier national a été rendu possible
par une récente modification de la loi sur les partis politiques. Elle autorise
les personnes emprisonnées à être membre d'un parti. Et permet les critiques de
la Constitution de 2008, adoptée quelques jours à peine après le passage du
cyclone Nargis (138.000 morts) et que
la LND continue de contester. Les élections partielles, dont la date n'a pas
encore été annoncée, doivent permettre de pourvoir plus de 40 sièges des deux
chambres du parlement. Selon des sources au sein de son parti, la lauréate du
prix Nobel de la paix, 66 ans, pourrait se présenter dans une circonscription
de la banlieue de Rangoun; La LND avait remporté les élections de 1990 sans
jamais être autorisée à gouverner. Les élections de novembre 2010, les
premières en vingt ans, avaient été dénoncées comme une "mascarade"
par l'Occident.
Le parti spécialement créé par la junte alors au pouvoir avait remporté une
victoire écrasante, après des soupçons de fraude et une campagne décriée dont
était exclue Mme Suu Kyi, libérée une semaine plus tard de sept années de
résidence surveillée. Mais depuis, un nouveau régime est né, procédant à des
réformes politiques jusqu'à surprendre beaucoup de ses détracteurs. En mars, le
généralissime Than Shwe a pris sa retraite et la junte s'est autodissoute,
transmettant son pouvoir à un gouvernement dit "civil". Toujours sous
contrôle des militaires, ce nouveau régime a multiplié les gestes d'ouverture,
suspendant notamment un projet de barrage controversé et libérant environ 200
prisonniers politiques.
Mais l'Occident réclame toujours la libération de tous les prisonniers
politiques, ainsi que la fin des violations des droits de l'Homme, en
particulier contre les minorités ethniques.Le nouveau gouvernement a entamé un
dialogue avec Mme Suu Kyi et s'est déjà dit prêt à travailler avec la LND si
elle s'enregistrait à nouveau.
Elle a notamment effectué en août son premier déplacement politique hors de
Rangoun, accueillie par des milliers d'admirateurs, et s'est entretenue
quelques jours plus tard avec le président Thein Sein.
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Birmanie: maltraitance sur des prisonniers politiques malgré quelques
signes d'ouverture Des prisonnières birmanes sont libérées à Rangoon, le 12
Octobre 2011 Reuters – 5 Novembre 2011
En Birmanie, les signes d'ouverture se multiplient depuis la mise en place
d'un gouvernement civil il y a un an. Mais il reste encore beaucoup à faire: ce
vendredi 4 novembre, Amnesty international souligne le triste sort de quinze
prisonniers politiques en grève de la faim depuis dix jours. Car pour les punir
de ce mouvement, on leur interdit de boire.
Amnesty international s'inquiète de la santé d'une quinzaine de détenus birmans ayant entamé une
grève de la faim, le 26 octobre 2011, au sein de la prison d'Insein à Rangoon. Ces
prisonniers politiques veulent exprimer leur colère contre l'injustice qui,
selon eux, leur est faite: ils se voient en effet régulièrement privés des
réductions de peine que l'on accorde aux détenus de droit commun.
Aujourd'hui, en guise de punition, les autorités de la prison empêchent ces
prisonniers de boire. Dans son communiqué, Amnesty International estime que «priver les détenus d'eau
potable» risque d'engager la «responsabilité des autorités pour leur mort rapide par
déshydratation». L'organisation note par ailleurs que huit de ces
grévistes sont enfermés dans des cellules privées d'ouverture extérieure, sans
lit ni matelas, ni aération digne de ce nom. L'ONU et les Etats-Unis ont
pourtant salué les récents signes d'évolution du nouveau régime civil birman,
au pouvoir depuis mars 2011. Celui-ci, lors d'une importante amnistie, a libéré
de nombreux prisonniers politiques en octobre dernier.